Quand j’étais gamin, j’avais trois convictions professionnelles. La première c’était d’être ingénieur, conviction acquise au collège. La deuxième, c’était d’être PDG d’un grand groupe, acquise un peu plus tard au lycée. La troisième, avoir une expérience professionnelle internationale développée lors de mes études d’ingénieur.
En 2021, j’annonçais mon départ de Schlumberger (maintenant SLB) alors que tout indiquait que j’avançais statiquement vers des postes à forte responsabilité.
Après l’annonce de mon départ, le CTO de l’époque me faisait l’honneur de me proposer un poste que je n’aurais pas refusé dans d’autres circonstances. Ce jour-là, j’ai décliné l’offre.
J’avais pris la décision assumée d’entreprendre. Une envie mûrie depuis de nombreuses années. C’était irrévocable. C’était la quatrième fois de ma carrière que je prenais la décision de ne pas suivre le chemin qui m’était prédestiné.
C’était aussi la plus impactante, celle qui m’a fait comprendre que je ne voulais plus suivre le chemin qui avait été formaté pour me porter, et faire en sorte que je contribue à une machine « corporate ».
La première fois, c’était en 1997 – à l’époque, je sortais de Gustave Eiffel, LE lycée technique de Bordeaux, l’usine à prépa. J’ai fait le choix, avec un dossier validé en prépa PTSI, de prendre la voie de l’IUT – avec cependant l’ambition d’intégrer les Arts et Métiers.
La deuxième, c’était en 1999 – la décision de la voie de l’apprentissage pour l’obtention de mon diplôme d’ingénieur Arts et Métiers. Un choix d’indépendance, un choix construit, qui m’a ouvert les portes de Ford, à l’époque premier employeur aquitain. Celui qui a construit mon ADN industriel.
En 2005, je suis à l’apogée de mon plan de carrière de jeune ingénieur, tout me sourit. J’obtiens un poste prisé d’intégrateur entre Ford et Peugeot. J’ai aussi à ce moment l’envie intense de découvrir le monde. Je choisis de démissionner pour aller chez Schlumberger – société française discrète mais très influente du secteur de l’énergie. Je vends tout ce que j’ai, je pars avec un sac et termine mon voyage à Grande Prairie dans l’Alberta.
Chez Schlumberger, j’ai toujours dit oui. J’ai systématiquement accepté les opportunités que l’on me proposait, j’ai donné du temps, de l’énergie – mode workaholic. Je me disais à l’époque que la société, mes managers, savaient ce qu’ils faisaient, maîtrisaient le développement de leur personnel. Je n’ai pas été déçu. Ce choix était le bon, il m’a permis d’être un manager aguerri avec un sens fort du développement personnel et du commerce.
Puis, ma conviction évolue. L’envie, le besoin d’écrire ma propre route. L’envie de construire quelque chose à mon image, et celle de mes amis. Le projet jll.spear.
Avec le recul, je remarque que je semble refuser de prendre les routes que je n’ai pas tracées moi-même. J’ai fait le choix récurrent de construire les chemins que j’emprunte et d’en maîtriser la direction, en visant des destinations lointaines et qui challengent mon corps et mon esprit.
C’est certainement pour cela que j’ai accepté le poste de CTO chez GOWell. Pourtant, je suis entrepreneur et associé avec mes meilleurs amis. Une route nouvelle, un pont vers notre avenir, une façon de se construire en amont de nos besoins futurs.
La vie est faite d’opportunités, de choix – l’essentiel est de choisir et maîtriser sa destination.